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Les petites bêtes de nos greniers !

Lérot, Loir, Fouine, Souris, Chauve-souris, chouettes…il y a du monde au-dessus de nos têtes !!

Quel que soit le style de maison que vous possédez, vous risquez d’entendre du bruit en ce moment dans vos combles ou greniers. C’est d’autant plus vrai dans les maisons anciennes qui disposent de ce type d’aménagement. C’est le bon moment pour s’y intéresser !

Ça rampe, ça grignote, ça marche, ça cri…qui se cache au-dessus de nos têtes ? une petite revue des effectifs s’impose !

Nos petits rongeurs et carnivores

Commençons par nos 3 rongeurs que sont la souris, le Loir et le Lérot : Ils sont surtout actifs la nuit, ainsi qu'en fin d'après-midi pour la souris.

       La Souris grise Mus musculus

Nous serons les plus concernés par la présence de souris (Souris grise) plus rarement de mulot. Si vous entendez détaler sur le plancher la nuit ou si vous entendez des bruits de grattement, c’est sûrement elle…l'importance du bruit doit vous renseigner.

 

Vous le savez, elle est très prolifique et peut se reproduire pendant presque toute l'année, faisant jusqu'à dix portées de 4 à 7 petits par an si les conditions sont favorables, autant dire que vous pouvez l’entendre toute l’année !

      Le Lérot (Eliomys quercinus) et le Loir gris (Glis glis)

 

Leurs points communs : Ils s'installent souvent à proximité des lieux habités et colonisent également les zones boisées car ils mangent des bourgeons, des fruits et des graines, mais le régime du lérot comprend aussi beaucoup d'insectes (larves) et des petits vertébrés (musaraignes, œufs et oisillons, amphibiens). Les bagarres ou poursuites sont fréquentes, s'accompagnant de cavalcades et de cris perçants à l’automne dans nos combles mais tout redevient plus calme pendant leur longue hibernation !

      Le Loir gris :

Le Loir est le plus gros des rongeurs de la famille des Gliridés à côté du Lérot et du Muscardin. Appelé Loir gris, loir commun ou loir vulgaire en fonction des régions.

Il a un pelage gris pouvant tirer sur le brun ou le roux sur les côtés, tandis que ses joues et son ventre sont blancs. Ses yeux sont cerclés de poils noirs les faisant bien ressortir. Sa tête légèrement allongée est surmontée de petites oreilles rondes.

A savoir ! Le dessous de ses pattes sécrète une substance gluante permettant d’avoir une accroche pour ses déplacements verticaux qui sont majoritaires vu qu’il ne se déplace guère au sol, mais c’est un excellent grimpeur et sauteur. Aussi le bout de sa queue peut se détacher pour échapper à un prédateur qui tenterait de l’attraper. Pour le reconnaitre, il fait un bruit qui est entre le grognement et le ronflement.

Le Loir va hiberner d'octobre à avril, dans des nids d'hibernation (dans les isolants de nos maisons, ou des amas de végétaux) qu’il crée au sol. Comme son hibernation est très longue, on lui doit l’expression "dormir comme un loir" !

En dehors de sa période d’hibernation, le loir vit dans un nid qu’il a construit en hauteur souvent au niveau du houpier d’un arbre, dans un trou d’arbre, ou un trou de mur, ou un terrier peu profond. Son nid est construit avec de la mousse, brindilles, herbes et feuilles sèches pour que l’intérieur soit douillet. Il sort de son nid en soirée pour se nourrir.

Le Loir est une espèce non menacée, même si la connaissance de sa répartition est à améliorer. Il apparaît en « préoccupation mineure » dans les listes rouges française et européenne.

 

Le Loir n’est pas très farouche, il peut venir visiter votre cuisine alors que vous y êtes ! posté sur les poutres il est régulier de l’apercevoir sauter de poutres en poutres et s’y faufiler.

      Le Lérot : Photo Par Jctramasure — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, 

Le Lérot commun (Eliomys quercinus) est aussi appelé loir des greniers, puisqu'il appartient à la même famille de rongeurs nocturnes. Son nom latin qui signifie « loir du chêne » indique une préférence pour les habitats boisés . Comme le Lérot ne sort que la nuit, il est rare de tomber nez à nez avec lui.

Comme le loir, il ne possède aucun statut de protection en France. Les Listes rouges l’inscrivent en « préoccupation mineure », un statut qui pourrait bien évoluer, car une régression marquée de l’aire de distribution européenne est constatée au cours des dernières décennies et qu'il est menacé de disparition.

Le Lérot se distingue assez facilement des autres petits rongeurs par son pelage : ses poils du ventre sont blancs, ceux du dos sont brun-gris et ses yeux sont cerclés de noir jusqu'aux oreilles assez grandes, tandis que sa longue queue se termine par un petit balai de poils noirs et blancs. Il mesure environ 12 à 15 cm (sans la queue).

 

Son régime alimentaire est omnivore. Il se compose de fruits, de baies, mais aussi de petits animaux (escargots, oiseaux) ainsi que de graines et d'insectes divers. Il vit d'ailleurs souvent autour des arbres fruitiers et du jardin mais aussi dans les greniers et autres débarras! Une de ses particularités réside dans ses déplacements qui se font quasiment toujours d'arbre en arbre, de support en support, et pratiquement jamais par terre.

Les prédateurs du loir sont les rapaces nocturnes (Hibou grand-duc, Chouette hulotte, Effraie des clochers) mais aussi d’autres mammifères carnivores comme la Martre, le chat ainsi que la Fouine.

Justement la Fouine, parlons-en ! Elle aussi vient nous rendre visite dans nos greniers.

 

Un mammifère carnivore qui peut fréquenter nos habitations: la Fouine

       La Fouine (Martes foina)

La Fouine appartient à la famille des mustélidés carnivores, aux côtés du Blaireau, de la Martre, de l’Hermine, de la Belette. La Fouine est souvent confondue avec la Martre d'Europe. Quelques critères simples permettent de ne plus faire d’erreurs : sa truffe est plutôt rose (et non marron comme chez la Martre d’Europe) et sa bavette est blanche et se divise en deux (et non jaunâtre à orangée et d’un seul tenant comme chez la Martre).

La fouine se nourrit par conséquent de petits animaux (souris, mulots ou musaraignes), d’insectes, mais également de certains oiseaux comme les pigeons. L’alimentation de la fouine peut cependant être variée, puisqu’en cas de disette elle peut être amenée à manger des œufs ou des fruits.

Le plus souvent, lorsque l’on entend des bruits « importants » dans son grenier, c’est qu’une fouine y a élu domicile. Les martres fréquentent très peu nos maisons. Elle peut faire son nid sous les toits des maisons et  y rester plusieurs années.

Elle n'est pas très discrète! Il n’est pas rare de l’entendre cavaler le soir au coucher ou tôt le matin. En effet, cela correspond aux heures où elle part à la chasse et où elle rentre se reposer.

Étant donné que la fouine est un animal carnivore, si vous avez des fouines vous ne devriez pas avoir d’autres petits mammifères et vice versa.

La fouine peut être classée nuisible mais il appartient à chaque département d’en décider par arrêté préfectoral. En Dordogne sa situation varie d'une année à l'autre…

 

La Fouine peut occasionner des dégâts, notamment en grignotant l’isolation de la maison.

Nous vous invitions à visualiser ce petit film ci-dessous sur la Fouine, un peu ancien mais bien intéressant !

Ils me gênent la nuit...

Si vous avez réellement des soucis avec ces petits mammifères (trop de bruits, d'excréments, odeurs…) vous pouvez essayer de poser des cages-pièges pour les capturer et les amener loin de chez vous...mai surtout pas de pièges tuant ou tout autre produits chimiques !

D'autres petits mammifères, les chiroptères !

Nos maisons accueillent régulièrement des chiroptères, littéralement "qui volent avec les mains" : "chiros" désignent les mains et "ptères" les ailes. Nous n'allons pas entrer dans le détail de toutes les espèces présentes en Dordogne (une vingtaine).

Dans nos maisons nous retrouverons le plus souvent les Rhinolophes, les Pipistrelles communes ou bien encore la Sérotine.

 

Chaque espèce a ses exigences pour l’hiver qui ne sont bien sûr pas les mêmes pour les gîtes de transit ( printemps, automne), de mise-bas (été) ou de regroupement automnal. C’est pourquoi il y a, à chaque saison, un gîte différent. Si la grotte est l’univers d’hibernation de la chauve-souris par excellence, on en trouve aussi dans nos maisons, dans les arbres, les fissures.

Néanmoins à cette période de l'année elle ne risque pas de faire du bruit puisqu'elle est endormie! Il n'est pas exclu que vous puissiez en trouver de façon isolées dans vos combles si la température est assez constante. Cela peut être le cas de la Pipistrelle et de la Sérotine dans l'isolation. Mais par contre, très rarement, la famille des Rhinolophes ( celles qui passent leur vie la tête à l'envers !,) car cette famille de chauve souris préfèrera les caves dont les températures sont stables et aussi parce que le taux d'humidité y est également constant . 

Les chauves-souris ont plutôt tendance à chercher des taux d'humidité élevé, on le comprend quand on sait qu’une chauve-souris va perdre deux fois moins vite ses réserves à 100 % d’hygrométrie qu’à 80%...

Il existe beaucoup de sites web sur les chauve-souris, un exemple ci-dessous :

 

https://gmb.bzh/svp-chauve-souris/

 

De toute évidence, si vous en trouvez, n'intervenez pas et laissez les dormir ! le dérangement peut lui être fatal, un réveil en plein hiver engendrerait une dépense d'énergie trop importante pour qu'elle puisse survivre...

D'autres habitants: les rapaces nocturnes

De nombreuses espèces d’oiseaux peuvent s’installer dans votre grenier, notamment les rapaces nocturnes.  Il peut s'agir de l'Effraie des clochers, de la Chouette chevêche et plus rarement de la Chouette hulotte plus forestière. Et pour cause, non seulement il y fait bon mais en plus elles sont ainsi protégées des intempéries. Dans ce cas, vous pouvez entendre des bruits de pas et de battements d’ailes ou même des cris ( celui de l'Effraie des clochers est particulièrement, comment dire... dérangeant?). 

Par ailleurs, la présence de nombreuses déjections ou pelotes sur le sol de votre grenier peut attester de la présence d’un ou de plusieurs oiseaux.

Effraie des clochers_N.VERGER
Effraie des clochers_N.VERGER

L'Effraie des clochers (Tyto alba)

 

Inutile de vous la présenter en détail tant elle est connue et reconnue, mais c'est raiment l'espèce anthropophile par excellence. 

L'Effraie des clochers, ou chouette effraie dit la Dame blanche, était naguère plus fréquente et plus répandue qu'aujourd'hui. La circulation routière et la disparition des gîtes (greniers, combles, granges, clochers…) sont les principaux facteurs de la disparition de cette chouette.

L'effraie des clochers est inféodée aux espaces ouverts à proximité des villages et des exploitations agricoles, proches de prairies et de cultures où elle chasse. Elle recherche dans les clochers, les granges, les greniers, des sites pour se reproduire. Elle a plusieurs gîtes. Elle est absente des grands massifs forestiers.

Elle peut venir chez vous si vous avez des ouvertures importantes dans vos pignons de maisons ou sous vos toitures de grange ou annexes...

 

Des nichoirs pour l'accueillir ! 

 

Si vraiment la présence de la chouette vous occasionne un dérangement trop important, surtout ne fermez pas vos ouvertures mais préférez l'installation de nichoirs artificielles  et demandez de l'aide ou des conseils à Nature en Périgord !

 

Ce nichoir fonctionne très bien et vous n'aurez plus de bruits dans vos combles ! il se positionnent sur l'ouverture de votre maison et évite à la chouette de parcourir l'ensemble de vos combles !

La Chevêche d'Athéna (Athene noctua)

 Cette chouette aux yeux d'or pèse à peine 150 grammes et affectionne les milieux ouverts, avec une préférence pour les bocages.

Les lieux de vie de la chouette doivent aussi comporter des cavités pour la nidification, des perchoirs permettant à l’espèce de chasser à l’affût et doivent présenter une pression de prédation limitée sur les jeunes. La présence de prairies à proximité des sites de nidification semble essentiel pour l’espèce car elle y trouve des micromammifères.

Elle cohabite bien avec les hommes, elle occupe  les vieux vergers, les arbres creux, à condition qu'ils ne soient pas occupés par une Chouette Hulotte !. Elle niche aussi volontiers dans les bâtiments ainsi que dans des nichoirs installés pour elle !                                                                                   Chevêche d'Athéna_D.VERGER

La Chevêche pourrait donc nicher chez vous, mais il lui faut une cavité ( un trou dans un mur, sous une toiture...) elle est beaucoup moins bruyante que l'Effraie des clochers. Elle ne devrait pas vous déranger, sinon vous pouvez en compensation lui installer des nichoirs autours de votre habitation.

Si l'habitat correspond essayez de l'inciter à nicher prés de chez vous en installant là aussi des nichoirs ! 


 

 

Vous souhaitez aménager vos combles? refaire une toiture? et vous avez connaissance de la présence d'animaux dans vos greniers?

 

Contactez NATURE EN PERIGORD, nous vous aiderons à trouver la meilleure des solutions pour vous permettre de protéger les espèces présentes tout en vous permettant de réaliser vos travaux !

 

natureenperigord@gmail.com


Rédaction : Sylvain WAGNER